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Article - Charles Juillard, Ministre des Finances, de la Police et de la Justice et Président du Gouvernement jurassien
La Suisse réussit, osons le dire
Osons le dire. Sortons pour une fois de notre réserve naturelle pour décrire la situation enviée de la Suisse. L’attractivité économique de notre pays et sa capacité à réagir aux secousses conjoncturelles, comme ce fut le cas dès fin 2008, provient pour une bonne part du développement d’une économie innovante, souple et créatrice de forte valeur ajoutée dans un environnement stable et offrant des infrastructures et un encadrement adaptés. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si la Suisse a ravi en 2009 la première place aux EtatsUnis dans le classement sur la compétitivité mondiale établi par le World Economic Forum. Cette place d’honneur a pu être atteinte grâce à notre capacité d’innovation, stimulée sans cesse par les efforts considérables fournis en matière de recherche et développement dans les instituts scientifiques suisses de renommée mondiale, et par une culture de développement d’affaires très consciencieuse, persévérante et professionnelle. Le revenu brut par habitant place la Suisse au 4e rang! D’ai leurs, il faut relever l’engagement décisif de la Cheffe du département fédéral de l’économie, Doris Leuthard.
Un environnement privilégié
Il est clair que l’environnement dans lequel évolue ce processus de développement joue un rôle fondamental. L’inflation est maîtrisée, la maind’oeuvre a les qualifications requises et le franc suisse est considéré comme une monnaie de référence. De plus, la Suisse dispose d’une stabilité politique enviée, de systèmes de formation et de santé efficaces et d’un taux de charge fiscale inférieur à la moyenne des états membres de l’OCDE. En Europe, la Suisse est d’ailleurs le pays qui présente le taux le plus bas. Les autorités politiques à tous niveaux ont aussi joué leur rôle pour créer cet environnement privilégié. Le taux de chômage n’atteint pas la moitié de celui de la zone euro et des EtatsUnis. Sur la dernière décennie, les résultats cumulés publiés par les collectivités publiques sont positifs (près de 24 milliards). La dette publique, quant à elle, est toujours restée nférieure aux 60% du PIB, tel que défini dans les critères de Maastricht. Le taux d’endettement est d’ailleurs redescendu à 41,3% à fin 2008. Cette situation financière saine a alors donné aux autorités de ce pays les moyens d’agir pour faire face au brusque retournement conjoncturel à fin 2008 sans mettre en danger la santé financière des collectivités, le potentiel de reprise conjoncturelle et la capacité d’agir à nouveau à court terme en cas de nouveau coup dur. La maîtrise de cette situation financière a été grandement facilitée par la mise en oeuvre d’outils de gestion, tels les mécanismes de frein à l’endettement introduits à la Confédération et dans la plupart des cantons.
Optimiser l’efficacité et l’efficience
Ce n’est pas seulement cela qui force l’envie des pays voisins. C’est aussi le fonctionnement du système politique suisse, à 3 niveaux institutionnels, qui force l’admiration. Ces autorités ont la capacité de se doter de règles et de moyens d’actions pour atteindre cette stabilité et cet équili re confédéral. La RPT (système péréquatif) en est un bon exemple. Elle a permis de se positionner à nouveau sur la pertinence de la répartition des tâches afin d’optimiser l’efficacité et l’efficience. De plus, elle vise à donner une chance aux cantons les plus faibles financièrement pour accentuer leur développement et réduire leur dépendance financière.
Sans vouloir remettre en cause le système introduit en 2008 seulement, il faut pourtant admettre qu’il n’atteint pas encore totalement ses objectifs. Ce qui est par contre positif, c’est que des réflexions et des débats pourront s’engager pour corriger le tir. Là encore, la capacité de réaction et de correction des cantons doit être mise en évidence. Ils s’engagent dans des processus d’adaptation qui peuvent être rapidement et efficacement mis en oeuvre. A titre d’exemple, le Canton du Jura a accepté dernièrement un mécanisme de frein à l'endettement et une loi sur les subventions. Il a en plus mis en route une direction par objectifs et une réforme en profondeur de ses relations partenariales pour limiter ses risques financiers. Enfin, il a mis en oeuvre des mesures de corrections qui ont permis de gommer la première année déjà la moitié de son déficit de nature structurelle.
Osons le dire. La Suisse au sens large n’a pas seulement de la réussite. Elle réussit financièrement car elle agit. 


