Edition 8 / 2011


Article - Chiara Simoneschi-Cortesi, Conseillère nationale

Idées visionnaires et décisions courageuses

La mobilité a toujours été un moteur de développement économique et social d’une communauté. Mais pas seulement: les relations entre individus et communautés ont également toujours été précurseurs de croissance culturelle et souvent de nouvelles perspectives, d’innovation et de changements positifs. On le constate particulièrement chez ceux qui ont été plus touchés que d’autres par les flux de passagers et de marchandises, pour es raisons commerciales ou autres. 

Le canton du Tessin et les cantons sur l’axe nordsud ont activement participé à ce brassage d’idées, et d’activités fructueuses. Grâce à plusieurs innovations dans les transports, ils ont bénéficié d’un important développement culturel et d’une plus grande prospérité. Ainsi, l’ouverture avec la mule du col du Gothard au Moyen Âge, la construction du tunnel ferroviaire du Gothard à la fin du XIXe siècle et l’ouverture des nouvelles transversales alpines (NLFA) d’ici 2020 sont des jalons pour le développement économique et le tissu social de ces régions.

La Suisse moderne a rapidement réalisé qu’en tant que pays pauvre en matières premières, elle devait compter sur sa matière grise, sur ses citoyens: ainsi, elle a mis sur pied, au fil du temps, un excellent réseau d’écoles et d’instituts de recherche ainsi qu’une politique coordonnée des transports, qui encourage et met en oeuvre la mobilité individuelle et collective, à la fois sur la route et sur le rail.

Ces dernières décennies, de nombreuses décisions sout nues par le peuple nous ont amenés à développer des projets porteurs pour notre avenir. Je pense en particulier aux deux transversales alpines, au Lötschberg et au Gothard/Monte Ceneri, mais aussi au fonds d’infrastructure qui fournit chaque année des moyens pour développer une mobilité intelligente dans les villes. Toutes ces importantes décisions n’ont été possibles que grâce à l’engagement ferme du PDC au Parlement fédéral. En effet, nous sommes convaincus que la mobilité est un des facteurs stratégiques les plus importants pour le développement équilibré de notre pays.

Il y a cependant un danger qui guette: en Suisse, de temps en temps, nous avons tendance à jouer les premiers de classe, en voulant être plus royalistes que le roi. Je pense aux programmes d’économies, présentés de manière cyclique, sur un ton alarmant comme si notre pays était en banqueroute. Heureusement, il n’en est rien et s’il est vrai que, dans les années à venir, il y aura moins de recettes il ne faut pas tomber dans le pessimisme. E  particulier il n’est pas nécessaire de procéder – comme proposé par le programme de consolidation – à des coupes généralisées.

Si pour les frais courants, on réussit toujours à débusquer quelques doublons, les économies dans les investissements, – surtout à moyen et long terme – par exemple dans les infrastructures, sont pernicieuses: la politique du «stop and go» est difficile à concilier avec la programmation des installations ferroviaires et/ ou routières. A fortiori, on comprend mal le projet Rail 2030 qui a été mis en consultation auprès des cantons. Il ne prévoit aucune mesure sur l’axe nord/sud pour compléter le réseau ferroviaire et pour augmenter la capacité au nord et au sud du tunnel du Gothard et du Monte Ceneri (entre Chiasso et Bâle), en éliminant les goulets d’étranglement dans le réseau. Il s’agit d’une conception aveugle qui rend vain les investissements considérables faits dans les constructions transalpines.

Si les NLFA sont le projet du siècle, il faut espérer que les travaux d’achèvement du réseau ferroviaire ne dureront pas un siècle, car les pertes de compétitivité seraient considérables: n’oublions pas que les nouvelles transversales permettront, comme l’exige la Constitution, un meilleur transfert des marchandises de la route vers le rail et un trajet plus rapide pour les passagers. Ceci est non seulement bénéfique pour nos concitoyens dans leurs trajets en Suisse mais également pour les voyages en Europe, en réduisant de moitié le temps nécessaire entre Milan, Zurich et l’Allemagne.

Les Suisses furent des pionniers en matière de politique des transports et notre pays reste un exemple en la matière. Les infrastructures routières et ferroviaires desservent l’ensemble du pays et sont de bonne qualité. Mais cela ne tombe pas du ciel: il a fallu  es idées visionnaires et des décisions courageuses du peuple suisse. Nous essayons d'être de dignes successeurs.


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30-Oct-2009, 10:44 AM
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