Edition 8 / 2011


Article - Meinrado Robbiani, Conseiller national

Pour un renouveau du dialogue social

Après plusieurs décennies placées sous le signe d’une solide paix du travail, les relations entre employeurs et syndicats se sont dégradées, devenant plus instables et tendues.

La globalisation de l’économie a porté atteinte à l’espace national en tant que lieu commun de référence, où les positions et les intérêts des deux parties trouvaient plus facilement une convergence. L’économie regarde désormais en grande partie vers l’espace international, où la considération des aspects sociaux est largement moindre. En se mondialisant, l’économie a aussi produit une flexibilité accrue du marché du travail et une précarité préoccupante des rapports de travail. De même, la financiarisation de l’économie, privilégiant les profits immédiats, a renforcé l’opposition entre capital et travail et elle est allée de pair avec une distribution de la richesse toujours plus inégale. La vision très libérale qui a supporté ces tendances et qui s’est manifestée aussi par des pressions aiguës sur l’Etat social, a entraîné les relations entre les partenaires sociaux à l’intérieur d’un cadre de plus en plus marqué par les idéologies et leur confrontation. La dimension du secteur tertiaire, devenue nettement dominant, a entretemps contribué à restreindre les zones traditionnelles où s’est développé et se noue le dialogue. Celuici s’appuie en conséquence sur une base plus fragile.

Derrière cette évolution se cache tout de même un paradoxe; l’affaiblissement de la paix du travail se manifeste juste au moment où le dialogue apparaît décisif et indispensable. Dans un contexte en profonde transformation, on relève un besoin d’autant plus tangible d’y adapter les conditions de travail et le fonctionnement du marché du travail. Si on entend maintenir un monde du travail favorable et équilibré, la négociation dans ces domaines apparaît incontournable. La crise financière de ces dernières années confirme d’ailleurs visiblement l’exigence d’un dialogue et d’une collaboration accrue entre les partenaires sociaux. Elle montre clairement que la source  uthentique de la richesse est le travail et non pas les alchimies spéculatives d’une finance qui prétend générer de la richesse sans la produire. Il faut donc investir sur le travail en tant que ressource stratégique prioritaire. La même nécessité relève du nouveau cadre du marché du travail, qui s’est largement ouvert par la libre circulation. Cette ouverture exige qu’on remplace la régulation antérieure, gérée du haut par l’autorité, avec une régulation par le bas, c’estàdire par l’action des partenaires sociaux. Dans un monde du travail en mutation constante, la responsabilité de ces derniers se trouve donc considérablement amplifiée. Il s’agit pour les employeurs et les syndicats d’assumer pleinement cette responsabilité afin de préserver un marché du travail et un tissus social stable. L’économie ne peut d’ailleurs nourrir l’illusion de pouvoir prospérer en dehors d’un territoire et d’un tissus social serein, qui la soutiennent et partagent ses objectifs de croissance. Un dialogue social solide est une c ndition non seulement de cohésion et de stabilité sociale mais aussi de développement économique.


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30-Oct-2009, 10:44 AM
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