Jacques Neirynck, Rédacteur en chef adjoint

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Edito - Jacques Neirynck, Rédacteur en chef adjoint

Il y a toujours un cheval de troie en réServe de l’histoire

Timeo Danaos et dona ferentes (Je crains les Grecs surtout quand ils apportent des cadeaux), tel est le vers que Virgile met dans la bouche de Laocoon, prêtre troyen, fils du roi Priam. Les Troyens découvrent un cheval de bois abandonné par les Grecs qui viennent de lever le siège de Troie. Il contenait dix guerriers qui, la nuit venue, sortent du cheval et ouvrent les portes de Troie dont la ruine est consommée.

Bel apologue de ce qui se passe sous nos yeux. La Grèce d’aujourd’hui entraîne l’Europe vers la ruine. Paradoxe suprême: les Européens n’acceptent pas que la Grèce recoure au peuple pour valider les mesures d’austérité nécessaire. Les Grecs ont inventé la démocratie voici 25 siècles et ont perdu le droit de l’utiliser.

Et sur ce chapitre, l’Europe pourrait prendre quelques leçons de la Suisse, fondée sur le principe du recours au peuple pour toute décision importante. Bien avant que l’on ne recoure à une votation, cette épée de Damoclès pèse sur les décisions du Gouvernement et du Parlement. Cela ne veut pas dire qu’il a toujours raison, mais bien qu’il assume les conséquences de ses choix et adhère aux institutions qui le portent au pinacle des décideurs.

De même, l’analyse du résultat des élections fédérales d’octobre 2011 se doit de respecter le choix des électeurs. Il est clair que le peuple a renforcé le centre de 36 à 51 sièges au Conseil national en affaiblissant la gauche, de 65 à 62, et la droite, de 99 à 87. On pourrait s’en réjouir car la Suisse ne peut se gouverner qu’au centre, mais malheureusement ce centre est partagé entre trois formations et le PDC a perdu deux sièges. Les «cadeaux» du peuple au Parlement sont deux nouveaux partis, PBD et Verts Libéraux, un cheval de Troie face aux remparts de la politique du passé. Dès le mois de janvier les parlementaires PDC se réuniront en conclave et tireront les conclusions de la volonté populaire: le peuple ne veut plus d’une polarisation entre les extrêmes qui rend le pays ingouvernable; le peuple veut un centre qui gouverne en dégageant des solutions pragmatiques aux problèmes réels du moment. 


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30-Oct-2009, 10:44 AM
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