
Lire aussi:
- Il y a toujours un cheval de troie en réServe de l’histoire
- Cadeaux modernes et dons archaïques
- Ce n’est pas un cadeau!
Chroniques:
S'abonner:
LA POLITIQUE sur Facebook:
Artikel - Elisabeth Bürki-Huggler, Pasteure à l’hôpital de Thoune
Cadeaux – au chevet d’un malade
«C’est mon cadeau préféré», affirme Monsieur K. en montrant, dissimulée derrière les journaux, les jus de fruits et les pralinés posés sur sa table de chevet, une boule de la taille d’un poing, qui semble fanée. «C’est une Rose de Jéricho», ajoute-t-il en me regardant. «C’est une plante du désert que le vent transporte sur les vastes étendues de sable. Roulée ainsi en boule, elle supporte le froid, la chaleur et la solitude. Mais aussitôt qu’elle trouve de l’eau ce poing se déploie telle une main, et la boule desséchée se transforme en une belle rosette verte. Et c’est exactement ce dont j’ai besoin: de petits miracles de ce genre au coeur de mon désert.» Il pose la Rose de Jéricho dans ma main, il se recouche et ferme les yeux. «Vous restez encore un moment près de moi, même si je ne n’ai plus l’énergie de parler?» j’acquiesce d’un signe de la tête. Une grande paix se répand dans la chambre d’hôpital. C’est le soir. Les lumières de la ville se reflètent dans la pièce. n ne ressent absolument pas l’agitation des achats de Noël. Les pensées suivent leur cours.
On m’a demandé récemment si j’étais disposée à écrire un article sur le sens et la valeur des cadeaux pour les malades. Pour ce faire, j’ai consulté un dictionnaire étymologique sur l’origine du mot allemand Geschenk (cadeau). Il vient de la guinguette (Schenke) où l’on servait à boire. Ce geste est ainsi associé à l’offrande d’eau, source de vie*. En tenant dans la main cette Rose de Jéricho – plante du désert – je commence à en percevoir la signification profonde.
Cher lecteur, chère lectrice, vous désirez offrir des cadeaux chargés de sens; notamment pendant la période de l’Avent et plus particulièrement à des malades. Mais comment offrir de l’eau, source de vie, afin que de menus miracles se produisent au milieu du désert? Qu’est-ce qui vous a réconforté lorsque vous étiez malade vous-même? Et qu’est-ce qui pourrait faire du bien à un proche malade? Qu’en pensez-vous?
J’énumère quelques cadeaux apparemment insignifiants et pourtant si précieux: se montrer attentionné et ouvert; persévérant, mais discret; ne pas avoir d’attentes; ne pas donner de conseils; éprouver de la compassion pour la situation et la nature de l’autre, sans être curieux; savoir se taire; avoir du temps et sentir quand le moment est venu de partir. Complétez cette liste! Je suis sûre que vous trouverez encore une foule de cadeaux de ce genre que l’on ne peut acheter nulle part, mais qui sont néanmoins (ou justement pour cette raison) les bienvenus.
Je repose délicatement la Rose de Jéricho sur la table de chevet. «Seriez-vous d’accord de la poser dans un bol d’eau?» Monsieur K. a rouvert les yeux et me jette un regard malicieux. «Lors de votre prochaine visite elle sera verte.» En versant gentiment de l’eau dans le bol, je prends conscience que la rose se déploiera sans l’intervention de l’homme. Comme c’est le cas pour tant de petits miracles qui s’inscrivent parfaitement dans l’ambiance de Noël. Et j’en éprouve un profond soulagement.
*Nous trouvons l’eau, source de vie également dans la Bible. J’aimerais vous indiquer trois passages fascinants : Isaïe 12,3 / l’Evangile selon saint Jean 4,14 / l’Apocalypse 21,6. Prenez le temps de lire ces passages de la Bible et de méditer. Je trouve que cela vaut la peine, pour vous et pour les personnes, auxquelles vous désirez offrir un cadeau. 


