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Kolumne - Raymond Loretan
Carte blanche
La Suisse qui gagne?
Mais quelle est cette Suisse qui gagne? Celle qui a été témoin de l’élection de Joseph Deiss à la Présidence de l’assemblée générale de l’ONU? Celle de ce fameux un à zéro de notre équipe de football contre l’Espagne? Celle de «notre Doris», qui fait honneur au pays par une présidence enthousiasmante? Celle où il fait si bon vivre, selon l’enquête internationale 2010 de Mercer? «Ah non! C’est un peu court!» Notre Suisse c’est aussi celle d’un pays en redémarrage économique, affichant un taux de chômage envié par nos voisins, au secteur bancaire et financier résistant à la tempête globale. Une nation d’entrepreneurs et d’innovateurs, à l’exemple du dynamisme lémanique concentré autour de l’EPFL.
Mais alors, d’où nous vient ce sentiment que malgré tout «il y a quelque chose de pourri dans le Royaume de Suisse»? Viendraitil des génuflexions répétées de nos sept sages devant tout adversaire contrarié, Libye, USA, UE, OCDE…? D’une succession de crises où nous faisons la douloureuse expérience de nos insuffisances nstitutionnelles et de celles de notre «personnel politique »? La Suisse seraitelle une Ferrari conduite par des élèves d’autoécole?
Il y a de ça dans la perception de bon nombre de citoyens, qui assistent impuissants à l’érosion de l’image du «bon Suisse», pointu, avantgardiste, travailleur, ami de chacun et qui sent que nous entamons notre capital, y compris de sympathie. Et pourtant: notre pays a toujours trouvé en lui la force de se réinventer, à contrecourant de l’histoire ou sous sa pression. Ce moment est à nouveau venu. Notre vieille flotte aérienne, incarnée par ce pouvoir faible souhaité par les pères fondateurs de 1848, maîtres des équilibres intérieurs, ne résistera pas aux tempêtes du village global, avec ses défis politiques, économiques ou sociétaux. A nous de lui substituer de nouveaux appareils et de reformer nos pilotes: nous garantirons une Suisse gagnante et prête à décoller pour le XXIe siècle. 


