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Chronique - Marie Chappuis
Dessine-moi un leader!
Dans 58% des élections qui se sont déroulées entre 1789 et 2008, le candidat le plus grand a gagné la course à la Présidence des Etats-Unis. Au-delà du clin d’oeil et sans faire de «l’indice de la taille présidentielle» une loi scientifique, diverses études démontrent que les citoyens sont davantage enclins à mettre le destin de leur nation dans les mains d’un leader de grande taille.
Avec l’explosion ces dernières années des médias audiovisuels, les élections se jouent encore davantage qu’autrefois sur l’image. Les politiques ne se contentent plus de convaincre: ils cherchent à plaire et à séduire afin de susciter l’adhésion. Il faut satisfaire non seulement l’oreille, mais aussi et peut-être surtout l’oeil de l’électeur. La campagne électorale devient ainsi une véritable aventure esthétique dans laquelle s’affronte une image contre une autre. Cette volonté de séduire est devenue une véritable obsession au risque de faire passer l’apparence avant les idées. Coups médiatiques et audimat dictent l’agenda politique.
Mais cette surexposition commence fort heureusement à lasser les citoyens. Aux yeux d’une majorité de Français, Nicolas Sarkozy a dévalorisé la fonction présidentielle à force de la pipoliser. Que dire également de l’Italie où Silvio Berlusconi a fini par excéder les électeurs. Ou de Sarah Palin dont l’étoile a pali après avoir caracolé en tête des sondages auprès des électeurs conservateurs.
Car l’emballage ne suffit pas pour survivre en politique: il permet d’attirer l’attention, de se différencier pour que l’on remarque son existence, de faire illusion temporairement. Mais pour durer, il faut non seulement de l’emballage, mais il faut surtout du contenu. De la cohérence. Des idées. Bref, ce qui fait – et fera espérons-le toujours – l’essence même de la politique. 


